Affichage des articles dont le libellé est HUMEURS. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est HUMEURS. Afficher tous les articles
24 mai 2013
28 février 2012
Interrogations circonstancielles ou pâle résistance à la biologie
Il semble aujourd'hui que les envies s'annulent, s'oblitèrent les unes les autres, qu'un mois et demi se passe sans envie véritable d'ajouter quoi que ce soit. Il serait temps d'envisager ce travail autrement, de réorganiser ces bribes selon les différents projets entamés. Les Trajets demanderaient à être amplifiés et repensés, les documents accumulés autour d'Un songe trouveraient probablement un meilleur support sur un site dédié. Ajoutons à cela les vidéos, que je ne souhaite pas laisser ad vitam aeternam sur une quelconque plateforme de diffusion et dont la faible résolution ici n'est pas supportable.
Ces diverses tentatives individuelles ne sont qu'un moyen de se tenir prêt.
3 janvier 2012
2 janvier 2012
30 décembre 2011
29 décembre 2011
26 décembre 2011
L'incohérence des ombres
30 août 2011
24 août 2011
PASTILLE N°42
Les Champs phlégréens ou les humeurs terrestres....
J'ai découvert il y a peu ce même lieu (la Solfatare) peint par le grand Rebeyrolle...
J'ai découvert il y a peu ce même lieu (la Solfatare) peint par le grand Rebeyrolle...
22 août 2011
17 août 2011
25 septembre 2010
Humeurs muséales 2/ ou le visiteur-phalène
En guise d’exemple, prenons le nouveau musée Pompidou de Metz, stratégiquement situé dans une ville qui n’a rien à envier culturellement à certaines métropoles de l’est de la France.
Passons rapidement sur l’enveloppe extérieure qui favorise une vision frontale et de trois quarts, oublions l’esplanade déprimante sur laquelle il se situe : avec les années, l’endroit gagnera probablement en verdure et le bâti en finitions.
L’intérieur du musée s’inscrit aussi dans une problématique actuelle. Le lieu se veut ouvert, et on s’étonne de cette profusion de baies vitrées qui conduit indubitablement à certaines difficultés de conservation. Le paysage est omniprésent et capte souvent l’attention des visiteurs au détriment de l’accrochage.
Mes élucubrations de mauvais aloi m’inciteraient à croire que le montrer prime désormais sur la conservation : on en vient alors à soulever un pan de tissu pour observer un tirage de Man Ray et préserver son intégrité, maigre protection contre le pouvoir hypnotique d'une vue panoramique de la ville… Notre attrait pour les ouvertures architecturales semble avoir terrassé les cimaises… Le spectacle est dehors. La béance génère implicitement l'aveuglement, une terrible indifférence à l'égard des œuvres que l'on frôle en papillonnant vers la source lumineuse.
Cette hégémonie architecturale à laquelle les commissaires de cette exposition inaugurale ont eu déjà à s'adapter, s'affranchit des impératifs de conservation... Cela surprend.
On appréciera à sa juste valeur la nécessaire plasticité des œuvres opposée à la rigidité de cette architecture à peine née.
On appréciera à sa juste valeur la nécessaire plasticité des œuvres opposée à la rigidité de cette architecture à peine née.
28 août 2010
Humeurs muséales, en introduction

Suite à quelques visites récentes, mes humeurs suscitées par la muséographie et l’architecture des musées* ont repris le dessus...
Cet énoncé abroge déjà toute neutralité. Mais est-ce grave, vraiment? Le savoir et ses messagers sont dorénavant brocardés, ce qui génère une autocensure protectrice de la part des médias à vocation culturelle. Les lieux et les expositions sont rarement commentés. Peu de critiques argumentées et aucune passion: l'institution se protège, elle fabrique la culture, la diffuse et incarne par défaut la création. Ce système, qui a permis l'éclosion de nombreux artistes, ne me gênerait pas en soi si l'alternative subsistait.
La recherche en création, et la curiosité insatiable qu'elle suppose, quand elle ne se rattache pas à une culture d'état, est un combat. Doit-on cependant rester neutre dans un lieu de connaissance ? Est-ce souhaitable?
L'indifférence ne nourrit personne, c'est une forme d'oubli, de disparition.
Le consensus actuel illustre un mépris grandissant à l’égard de l'exigence expérimentale. Sans discernement, les considérations politiques les plus opportunistes ou les plus éculées s'appuient sur les nécessités économiques et l’incompréhension supposée du « public ».
Il s’agit là d’un autre débat. Reconnaissons qu’il convient, en préambule, de se justifier : je ne remets pas en cause la naissance de nouveaux espaces culturels. Je m’interroge sur les motivations qui régissent leur gestation et leur organisation.
Le débat n'a-t-il pas autant sa place que le respect policé, l’acceptation muette devant la Beauté et le Savoir ?
Discuter, céder à une tentation critique nourrit certes son auteur mais me permet d’espérer que l’objet artistique, patrimoniale ainsi que le musée (en tant que réceptacle et œuvre) « bougent encore »…
21 octobre 2009
Nonchalance critique
Les commentateurs de l'exposition la Subversion des images confirment hélas mon pronostic: sur les terrains troubles du Surréalisme, la photographie seule recueille l’intérêt de nos envoyés spécieux.
Ce hiatus inexplicable, social, entre les critiques des arts plastiques et ceux du cinéma n'a de cesse de perpétuer ces catégories désuètes menant à des aberrations, des terminologies antiennes: vidéo plasticienne, cinéma expérimental... Les créateurs comme les pionniers du cinématographe ont depuis longtemps comblé ces gouffres signifiants, courants d'air et autres platitudes conceptuelles.
On imagine trop aisément le journaliste pressé en vernissage, la coupe à la main, sollicité par les attachés de presse qui lui remettent l’épais catalogue*, puis le slalom entre sucré et salé, chargé ainsi de nourritures culturelles et terrestres…
Loin de moi l’idée de critiquer la critique… Elle continue à m’apprendre beaucoup; à l’occasion, elle m’informe…
Les auteurs qui ont semé le doute, et remis en cause ces séparations obsolètes, philosophes, écrivains, universitaires ou cinéastes, existent pourtant! Méritent-ils ou non de parvenir jusqu’au public? **
Peut-on affirmer que le partage des tâches, institutionnalisé depuis des lustres, est la cause de ces étranges omissions critiques? Est-ce le fait d’une histoire de l’art depuis longtemps validée ou galvaudée, et sur laquelle on ne revient pas sous peine de faire chuter certaines idoles, certains raccourcis faciles basés essentiellement sur des points de vues formels ? Car le cinéma, celui des années vingt notamment, perturbe bien des consensus…
Cette distinction catégorielle perdure dans les magazines culturels ou un certain quotidien du soir: l’image mobile a été passée sous silence au profit de la photographie dite subversive mais si rassurante dans sa fixité muséale, circonscrite aux cimaises, à un balayage rétinien unique sans avoir à craindre quelque métamorphose, quelque glissement, quelque errance.
… à moins que le titre de l’exposition ne tente de rétablir le pouvoir ontologiquement subversif de l’image plus encore que ses manifestations surréalistes?
* Un ouvrage qui méritera prochainement notre attention...
Ce hiatus inexplicable, social, entre les critiques des arts plastiques et ceux du cinéma n'a de cesse de perpétuer ces catégories désuètes menant à des aberrations, des terminologies antiennes: vidéo plasticienne, cinéma expérimental... Les créateurs comme les pionniers du cinématographe ont depuis longtemps comblé ces gouffres signifiants, courants d'air et autres platitudes conceptuelles.
On imagine trop aisément le journaliste pressé en vernissage, la coupe à la main, sollicité par les attachés de presse qui lui remettent l’épais catalogue*, puis le slalom entre sucré et salé, chargé ainsi de nourritures culturelles et terrestres…
Loin de moi l’idée de critiquer la critique… Elle continue à m’apprendre beaucoup; à l’occasion, elle m’informe…
Les auteurs qui ont semé le doute, et remis en cause ces séparations obsolètes, philosophes, écrivains, universitaires ou cinéastes, existent pourtant! Méritent-ils ou non de parvenir jusqu’au public? **
Peut-on affirmer que le partage des tâches, institutionnalisé depuis des lustres, est la cause de ces étranges omissions critiques? Est-ce le fait d’une histoire de l’art depuis longtemps validée ou galvaudée, et sur laquelle on ne revient pas sous peine de faire chuter certaines idoles, certains raccourcis faciles basés essentiellement sur des points de vues formels ? Car le cinéma, celui des années vingt notamment, perturbe bien des consensus…
Cette distinction catégorielle perdure dans les magazines culturels ou un certain quotidien du soir: l’image mobile a été passée sous silence au profit de la photographie dite subversive mais si rassurante dans sa fixité muséale, circonscrite aux cimaises, à un balayage rétinien unique sans avoir à craindre quelque métamorphose, quelque glissement, quelque errance.
… à moins que le titre de l’exposition ne tente de rétablir le pouvoir ontologiquement subversif de l’image plus encore que ses manifestations surréalistes?
* Un ouvrage qui méritera prochainement notre attention...
* * La réponse tant de fois ressassée fait état de l'élitisme des artistes contemporains : Il s'agit aussi de nos aigreurs, de culture (ou curiosité filtrée, pré-digérée), et, je l'admets, d'un manque de disponibilité de la plupart d'entre nous, d'une souffrance psychologique et sociale, d'un quotidien qui nous submerge et nous rend dépendant...
28 août 2009
Regarder à travers, humeur provinciale 2/2

Dans ces musées mastodontes, la lisibilité très relative des œuvres laisse parfois pantois: présentation cumulative, exiguïté paradoxale*, à contrario des foulées titanesques en direction des collections, transparences des vitrines dans lesquelles on se mire conduisant à des effets de collages, de dilution, d’anthropomorphisme touristique. Au Louvre, on s’interrogera à loisir sur la présence des vénitiens à proximité de la Joconde alors que les autres Leonardo, les meilleurs, sont relégués dans la galerie. Mais ce n’est qu’un exemple, et le visiteur contemporain, dira-t-on, doit se sentir soulagé de n’être pas confronté à de trop nombreux étagements de cimaises. On se contentera d’une longue-vue pour admirer certains Véronèse placés en altitude.
Ajoutons la foule, à laquelle nous participons, avec laquelle nous ne pouvons qu’accomplir les mêmes gestes d’évitement : l’affluence empêche toute position individuelle ou supposée telle.
Ce n’est sinon une découverte tardive, du moins un constat perclus d’évidences : je recherche dans une visite muséale un espace mental. J’ambitionne, et c’est très illusoire, une perméabilité qui enrichisse, prolonge, déclenche mes rêves. Or, j’ai pris la mesure de ma propre inanité, silhouette parmi les passants. Comme l’écrivait Baudelaire, il n’est pas donné à chacun de prendre un bain de multitude : jouir de la foule est un art.**
Cela se résumerait peut-être à une question d’amour-propre… Plus qu’un temps de l’absence***, il s’agirait pour moi d’un temps de la profusion et de l’oblitération, de l’obstacle qui mettrait à l’épreuve, comme jamais, nos facultés de résistance. Pour soi, on tente cependant d’alimenter une mémoire, de façonner jour après jour quelque chose qui s’apparenterait à une compréhension personnelle, voire même à une leçon de vie…
J’ai recherché longtemps ce que la visite au Louvre avait pu m’apporter, sinon une certaine rage****. On laissera à certains photographes notoires le rôle ambigu de se moquer du touriste tout en ayant l’assentiment des grandes institutions. On s’interrogera aussi sur la nécessité, dans ces conditions, du réel, de l’œuvre en tant qu’objet plutôt que d’une présentation virtuelle. Au mot culture, souvent galvaudé, politisé et monnayé, je préfère celui de curiosité qui évoque un état actif et critique.
* On objectera que le phénomène n’est pas nouveau, que les grands musées anglo-saxons ou le Centre Pompidou obéissent aux mêmes règles. Paris n’est-elle pas depuis Haussmann une ville spectacle soigneusement mise en scène ?
** Entre les vitrines du musée du quai Branly.
*** Les Foules, dans les Petits poèmes en prose. On peut y trouver en filigrane, et sans aucune notation péjorative, sa définition de la modernité. Mais quelques pages précédentes (le Chien et le flacon) démentent presque cette assertion : la foule est aux yeux de Baudelaire un sujet poétique auquel il dénie toute faculté esthétique.
**** Terme utilisé par Olivier Deprez et qui recouvre aussi, je le suppose, un état plus personnel.
***** Et l'envie, la matière de quelques pastilles...
Ce n’est sinon une découverte tardive, du moins un constat perclus d’évidences : je recherche dans une visite muséale un espace mental. J’ambitionne, et c’est très illusoire, une perméabilité qui enrichisse, prolonge, déclenche mes rêves. Or, j’ai pris la mesure de ma propre inanité, silhouette parmi les passants. Comme l’écrivait Baudelaire, il n’est pas donné à chacun de prendre un bain de multitude : jouir de la foule est un art.**
Cela se résumerait peut-être à une question d’amour-propre… Plus qu’un temps de l’absence***, il s’agirait pour moi d’un temps de la profusion et de l’oblitération, de l’obstacle qui mettrait à l’épreuve, comme jamais, nos facultés de résistance. Pour soi, on tente cependant d’alimenter une mémoire, de façonner jour après jour quelque chose qui s’apparenterait à une compréhension personnelle, voire même à une leçon de vie…
J’ai recherché longtemps ce que la visite au Louvre avait pu m’apporter, sinon une certaine rage****. On laissera à certains photographes notoires le rôle ambigu de se moquer du touriste tout en ayant l’assentiment des grandes institutions. On s’interrogera aussi sur la nécessité, dans ces conditions, du réel, de l’œuvre en tant qu’objet plutôt que d’une présentation virtuelle. Au mot culture, souvent galvaudé, politisé et monnayé, je préfère celui de curiosité qui évoque un état actif et critique.
* On objectera que le phénomène n’est pas nouveau, que les grands musées anglo-saxons ou le Centre Pompidou obéissent aux mêmes règles. Paris n’est-elle pas depuis Haussmann une ville spectacle soigneusement mise en scène ?
** Entre les vitrines du musée du quai Branly.
*** Les Foules, dans les Petits poèmes en prose. On peut y trouver en filigrane, et sans aucune notation péjorative, sa définition de la modernité. Mais quelques pages précédentes (le Chien et le flacon) démentent presque cette assertion : la foule est aux yeux de Baudelaire un sujet poétique auquel il dénie toute faculté esthétique.
**** Terme utilisé par Olivier Deprez et qui recouvre aussi, je le suppose, un état plus personnel.
***** Et l'envie, la matière de quelques pastilles...
25 août 2009
Regarder à travers, humeur provinciale 1/2
Prenez un provincial vivant à l'écart des grandes manifestations médiatiques et culturelles. Immiscez-le sans préavis dans un grand musée parisien et recueillez ses réactions. N'établissez aucun parallèle hâtif avec Hibernatus... Et suivez le cobaye!
On ne verra pas dans les observations suivantes l'aigreur cacochyme du c'était mieux avant.
Et bien que mes arguments ne relèvent pas exactement du même champ, cette récente expérience aura quelques accointances, et différences, avec les observations d’Olivier Deprez *.
Notre personnage, ici énoncé à la première personne, vit de ses souvenirs, de ses lectures. Il sacralise sans doute à l'excès ce que l'art est susceptible d'apporter à un individu. Il se réjouit à l'avance de ces retrouvailles avec le grand patrimoine de la capitale... Une déception s'insinue. Aurais-je changé?
Les sensations au sein de ces institutions ne favorisent guère l'attention flottante entre les entités exposées. Elles empêchent un tissage patient, ténu entre les œuvres qui ontologiquement nous dépassent. Je prise plus que tout ce funambulisme amateur que cette organisation consciente me refuse.
Les paravents captent désormais l’essentiel de mes vestiges sensoriels. On ne déambule plus … On traverse un dédale de corridors, de vestibules aux proportions démesurées. On franchit des niveaux. L’architecte et son commanditaire s’imposent à nous, ils s’interposent. L’architecture et la foule en tant qu’attractions suffisent à nous absorber, à nous guérir de toute tentation de quête fragile. On en oublierait pour un peu que l’espace ici est coquille ou écrin* par fonction, qu’il ne devrait pas s’imposer mais s’abstraire au profit de ce qu’il est censé présenter.
À titre d’exemple, le centre « névralgique » du Louvre ressemble à un hall d’aéroport à la fois impersonnel et sonore avec portiques et quais d’embarquement. La visite s’apparente à un kit de voyage. On en connait par avance la destination. Les espaces de circulation nous engloutissent, provoquent une fatigue, une contrariété par un parcours imposé et dépourvu de cette neutralité, de cette modestie nécessaire à l’ouverture des sens. La Victoire au bout de l'escalier perd un peu de son attrait. La rampe du Musée du Quai Branly rappelle celle imaginée par Wright à New York, mais dans une sorte de no man’s land, s’enroulant autour des réserves, offrant aux alentours un paysage de caisses abandonnées et de vestiaires désertés. On nous assène que l’objet culturel se mérite en nous imposant le sens, un déplacement qui parodie cyniquement un cheminement intérieur ou initiatique.(...)
13 août 2009
L'actualité d'une certaine subversion
Image extraite d' Un Songe, work in progress. Rappelons que ce projet a déclenché mes interrogations
concernant les Années Folles,
dont la notule suivante constitue un des prolongements.
Avant toute chose, il convient de rappeler que je ne me pose pas en spécialiste ou en théoricien. Je n'en ai ni les intentions ni les compétences. Il se trouve que certains objets d'étude traversent mes envies créatives du moment et que je ne conçois pas un travail "artistique" sans souci de connaissance. Toutes mes remarques peuvent être, dans cette optique, précisées ou amendées... Je suis d'autant plus sollicité quand mes obsessions rejoignent bien malgré moi l'actualité muséale.
Ainsi, il semble que le Surréalisme photographique et cinématographique revienne au-devant de la scène et fasse prochainement l’objet d’une grande exposition qu’en bon provincial, je ne verrai pas. Les médias évoqueront une vision anthologique et innovante. Espérons sans trop y croire que cette approche ne soit pas dévolue à l'image fixe et qu'elle mette enfin en relation, et en tension, le cinéma et la photographie nés vers 1920.
Rappelons que les réflexions éclairées sur la photographie surréaliste remontent à une vingtaine d’années, si l’on se rappelle quelques articles de Rosalind Krauss*, co-organisatrice à cette époque de la manifestation Explosante fixe, et de l'essai plus esthétique qu’elle signât avec Yve-Alain Bois**, ou du texte de Didi-Huberman***. Cette nouvelle présentation offre enfin la possibilité d’une comparaison formelle et théorique entre les images animées et la photographie. Notons qu’à part Man Ray, dont les films éclectiques mériteraient une étude en soi, peu d’artistes majeurs cumulèrent en ce temps les deux activités.
D'autres questions émergeront probablement:
Quelle serait dans ce contexte la place d' Entracte de René Clair ou du Retour à la raison de Man Ray, d’inspiration dite dadaïste? Peut-on sciemment distinguer le cinéma inspiré par Dada et le cinéma surréaliste ?
J’attends également un inventaire pertinent et exhaustif de l’influence du Surréalisme "officiel" sur certains archétypes de l’image animée : comment, par exemple, doit-on considérer stylistiquement Limite de Peixoto, film tardif et lointain ?
Les historiens de l'art éprouveront-ils une considération particulière pour les parcours marginaux et les épigones doués même si ceux-ci ne relèvent pas chronologiquement de la période étudiée? Comment se répartissent les apports formels et théoriques entre l’avant-garde cinématographique et le Surréalisme? Le cas Dulac est à ce titre assez inextricable et les classifications qui semblent faciles aux arts plastiques se révèlent contraignantes, artificielles ou erronées quand il s’agit du cinématographe. Il suffit de revoir le Ballet mécanique de Fernand léger pour s’en convaincre… Les références citées dans cette notule feront prochainement l’objet de quelques développements.
* Rassemblés dans Le photographique, Editions Macula, 1990.Ainsi, il semble que le Surréalisme photographique et cinématographique revienne au-devant de la scène et fasse prochainement l’objet d’une grande exposition qu’en bon provincial, je ne verrai pas. Les médias évoqueront une vision anthologique et innovante. Espérons sans trop y croire que cette approche ne soit pas dévolue à l'image fixe et qu'elle mette enfin en relation, et en tension, le cinéma et la photographie nés vers 1920.
Rappelons que les réflexions éclairées sur la photographie surréaliste remontent à une vingtaine d’années, si l’on se rappelle quelques articles de Rosalind Krauss*, co-organisatrice à cette époque de la manifestation Explosante fixe, et de l'essai plus esthétique qu’elle signât avec Yve-Alain Bois**, ou du texte de Didi-Huberman***. Cette nouvelle présentation offre enfin la possibilité d’une comparaison formelle et théorique entre les images animées et la photographie. Notons qu’à part Man Ray, dont les films éclectiques mériteraient une étude en soi, peu d’artistes majeurs cumulèrent en ce temps les deux activités.
D'autres questions émergeront probablement:
Quelle serait dans ce contexte la place d' Entracte de René Clair ou du Retour à la raison de Man Ray, d’inspiration dite dadaïste? Peut-on sciemment distinguer le cinéma inspiré par Dada et le cinéma surréaliste ?
J’attends également un inventaire pertinent et exhaustif de l’influence du Surréalisme "officiel" sur certains archétypes de l’image animée : comment, par exemple, doit-on considérer stylistiquement Limite de Peixoto, film tardif et lointain ?
Les historiens de l'art éprouveront-ils une considération particulière pour les parcours marginaux et les épigones doués même si ceux-ci ne relèvent pas chronologiquement de la période étudiée? Comment se répartissent les apports formels et théoriques entre l’avant-garde cinématographique et le Surréalisme? Le cas Dulac est à ce titre assez inextricable et les classifications qui semblent faciles aux arts plastiques se révèlent contraignantes, artificielles ou erronées quand il s’agit du cinématographe. Il suffit de revoir le Ballet mécanique de Fernand léger pour s’en convaincre… Les références citées dans cette notule feront prochainement l’objet de quelques développements.
** L’informe mode d’emploi, Catalogue de l’exposition du Centre Pompidou dirigé par Yve-Alain BOIS et Rosalind KRAUSS, 1996.
*** Georges DIDI-HUBERMAN, La Ressemblance informe ou le gai savoir visuel selon Georges Bataille, Macula, 1995. Dans ce texte, l'auteur confronte aussi l'Informe de Bataille avec les films d'Eisenstein.
19 décembre 2008
L'hiver et ses ratages
L'actuelle saison porte en elle la lenteur et la pesanteur, ce qui me fait ignorer bêtement ses attraits visuels, son potentiel que le projet Un songe n'exploite pas ...
Rien n'est plus graphique que l'hiver... Rien ne conviendrait davantage à cet effacement, le blanc comme rien, comme néant, comme disparition, au contraire de Métacygne qui usait du blanc paralysé, du blanc maculé, spermatique...
Ai lu avec beaucoup d'intérêt les passerelles hivernales d'Olivier Deprez qui me donnent l'envie, via Beckett, de retourner à la Divina Commedia, non comme un objet d'étude* obligatoire, ce qu'elle fut pour moi, mais comme une lecture, source motrice....
En naïf, je visiterai prochainement le chant XXV de l’Enfer où il est question de métamorphose réciproque entre damné et serpent...
*Voir, entre autres, Christian Heck, l'Echelle Céleste dans l'art du Moyen-Âge, une histoire de la quête du ciel, Champs Flammarion, 1997
Rien n'est plus graphique que l'hiver... Rien ne conviendrait davantage à cet effacement, le blanc comme rien, comme néant, comme disparition, au contraire de Métacygne qui usait du blanc paralysé, du blanc maculé, spermatique...
Ai lu avec beaucoup d'intérêt les passerelles hivernales d'Olivier Deprez qui me donnent l'envie, via Beckett, de retourner à la Divina Commedia, non comme un objet d'étude* obligatoire, ce qu'elle fut pour moi, mais comme une lecture, source motrice....
En naïf, je visiterai prochainement le chant XXV de l’Enfer où il est question de métamorphose réciproque entre damné et serpent...
*Voir, entre autres, Christian Heck, l'Echelle Céleste dans l'art du Moyen-Âge, une histoire de la quête du ciel, Champs Flammarion, 1997
28 octobre 2008
Monologuons
Les livres des autres ont percé le mien jusqu’aux os (…)
Mon illusion revient à croire que je me trouve dans une solitude absolue où chacune de mes créations ne rayonne vraiment que pour moi ; et pour achever de me perdre.
Extrait de l’œuvre romanesque complète de Joë Bousquet, Il ne fait pas assez noir, Albin Michel,1979
Mon illusion revient à croire que je me trouve dans une solitude absolue où chacune de mes créations ne rayonne vraiment que pour moi ; et pour achever de me perdre.
Extrait de l’œuvre romanesque complète de Joë Bousquet, Il ne fait pas assez noir, Albin Michel,1979
Désiré ou craint, cet état autarcique résume bien des contradictions.. Et l’on se perd en soi-même, on fabrique des mirages, on se complait dans un monde, omniscient, puissant, potentat ridicule d'un territoire imaginaire... et malheureux de l'être...
À l’heure du web, une visibilité absolue, à laquelle je contribue dans une moindre mesure, banalise, régit, fragilise le sentiment créateur en même temps qu’elle l’expose, le revendique. Prolifération où le pourrissement est virtuel, inodore, invisible, où la destruction tient en un clic...
Se présenter aux autres devient facile mais anodin.
Davantage de craintes se font jour, à l’égard de ce que l’on tente d’accomplir, de ceux que l’on admire, leur main, de leur cœur supposé, fantasmé, de leurs constructions mentales que l’on croit percevoir (vanité), de ce que l’on voit, et même de ce que l’on montre.. que l’on partage sans se voir, sans en connaître les effets..
Aucun visage, et peu de mots restent à interpréter..
Monologuons…
Et ce silence virtuel, si on le déplore parfois, on en est aussi honteusement soulagé…
Une homonymie détestable occulte le nom de Joë Bousquet. Lui fût grand. Son expérience poétique peut ici résumer nombre de sentiments créateurs, malgré ou à cause de la guerre qui le cloua sur un lit, de la jeunesse jusqu'à sa fin. La presse l’évoque à nouveau, à propos d’un ensemble récemment publié, échange épistolaire avec une égérie.
À l’heure du web, une visibilité absolue, à laquelle je contribue dans une moindre mesure, banalise, régit, fragilise le sentiment créateur en même temps qu’elle l’expose, le revendique. Prolifération où le pourrissement est virtuel, inodore, invisible, où la destruction tient en un clic...
Se présenter aux autres devient facile mais anodin.
Davantage de craintes se font jour, à l’égard de ce que l’on tente d’accomplir, de ceux que l’on admire, leur main, de leur cœur supposé, fantasmé, de leurs constructions mentales que l’on croit percevoir (vanité), de ce que l’on voit, et même de ce que l’on montre.. que l’on partage sans se voir, sans en connaître les effets..
Aucun visage, et peu de mots restent à interpréter..
Monologuons…
Et ce silence virtuel, si on le déplore parfois, on en est aussi honteusement soulagé…
Une homonymie détestable occulte le nom de Joë Bousquet. Lui fût grand. Son expérience poétique peut ici résumer nombre de sentiments créateurs, malgré ou à cause de la guerre qui le cloua sur un lit, de la jeunesse jusqu'à sa fin. La presse l’évoque à nouveau, à propos d’un ensemble récemment publié, échange épistolaire avec une égérie.
23 septembre 2008
Grenier ou jachère?
Le grenier n’exclut pas les corrections. Hélas, on discerne sans peine que le travail précédemment mentionné relève de l’ébauche. Syntaxe, mise en page, crénage des lettres, rapport entre images et textes, les défauts sont multiples.
Une amorce à l’état d’abandon ?
Inscription à :
Articles (Atom)
















