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27 septembre 2011

Parole d'Epstein

Dans ses Ecrits sur le cinéma, Jean Epstein note que "l'une des plus grandes puissances du cinéma est son animisme. A l'écran, il n'y a pas de nature morte. Les objets ont des attitudes. Les arbres gesticulent. Les montagnes, ainsi que cet Etna, signifient. Chaque objet devient un personnage."
(A propos de la Montagne infidèle, 1923)

5 mai 2010

PASTILLE N°27: de la porteuse au "Commerce de l'eau"




Lorsque j'étais enfant, chez mes grands parents, j'observais cette figure avec minutie. Porteuse à l'identité incertaine, entre statuette et jouet en plastique, elle évoquait une chair marmoréenne, à la fois fragmentée et monumentale, un imaginaire exotique, féminin, vaguement empreint de pittoresque colonial. Sa monochromie même, combinée à sa richesse graphique, continue à m'enchanter.

20 janvier 2010

Postface au jeu des rois


En référence à la notule du 13 janvier, les pièces d'un échiquier en cours de modelage...

13 janvier 2010

Dans Un Songe, le Jeu des rois

Au jeu d’échecs, je resterai un débutant. Je n’en connaitrai jamais que les principes élémentaires. J’ignore tout des coups qui distinguent les joueurs aguerris. La domination qu’il prône me gêne. Qu’attend-on du jeu des rois sinon une leçon de stratégie et de prise de contrôle sur l’autre ?
J’éprouve pourtant une sorte de fascination pour l’échiquier et ses pièces, qui sont autant de figurines manipulables chargées d’habitudes et d’affects. Les mauvaises langues énonceront justement que je ramène une activité intellectuelle intense, plus subtile que ludique, à mes manies régressives. Le jeu est symbole, agencement tentaculaire, parabole du destin humain confronté à ses moyens ou exalté par ses limites. Les surréalistes l’ont souvent pratiqué_ l’exemple de Duchamp est célèbre_ et représenté. René Clair le dadaïste montre l’auteur du Grand verre et l’illustre photographe sur les toits de Paris, en pleine partie. Ernst sculptera plus tard un échiquier géant.
Maya Deren*, que nous avons déjà évoqué dans ces pages, confère aux échecs une connotation masculine, sclérosée et abstraite, par opposition à une (sa) féminité physiologique, épanouie, naturelle, revendiquée. Soixante ans plus tard, le propos conserve son aura et sa force authentique.
Outre les échecs, divers jeux sont au cœur d’UN SONGE, vidéo en devenir: les cartes et autres tarots, la roulette, le loto…. Ludique et féminin, deux maîtres-mots d'un songe... Nous y reviendrons…

* At land, réalisé en 1944 par Maya Deren. Visitez également ce site.

20 décembre 2009

Un gramophone et UN SONGE

Film muet réalisé en 1929, El sexto sentido a spécialement retenu mon attention. La fluidité de la narration, la qualité des acteurs, une curieuse mise en abyme ainsi que la plasticité des images y ont évidemment contribué. Mais ce n'est pas tout....
Lors d'une partie de campagne, les protagonistes manipulent un objet qui m'est familier, un gramophone portatif. J'en possède un quasiment identique dont j'avais envisagé l'usage pour un Songe. L'objet fait ressurgir un quotidien désuet, rappelle les velléités festives des Années folles et surtout le disque mécanisé, figure récurrente du projet, entre la roue de la folie et l'Anemic cinéma. Roue ne m'écrase pas, supplie Michaux* ... Dans la Maman et la putain d'Eustache, le tourne-disque joue un rôle important, hypnotique ou irritant selon les avis ...


* Dans Un homme perdu, extrait de Mes propriétés, repris dans la Nuit remue (1935), éditions Gallimard.

2 août 2009

Corps et machine

L’acte 2 de l’opéra virtuel le Jardin des supplices m’occupe actuellement. Après une introduction qui situe la relation conventionnelle et exotique du couple, Clara et le narrateur pénètrent dans le bagne, lieu d’attraction(s), dans toutes les acceptions du terme. Les idées, dont certaines déjà filmées il y a un an, ne manquent pas… Les références aussi sont nombreuses, tant cinématographiques que picturales. Et pourtant… Le Thanatopsis et son pouvoir hypnotique m’apportent un éclairage nouveau. Réalisé par Ed Emshwiller, en 1962, le film confronte le visage filmé du cinéaste, tête presque fixe à l’éclairage sculptural, avec la silhouette imprécise, la fluidité, le flou scandé d’un corps qui danse, recensant dans un même cadre une image mobile conçue d’une manière classiquement cinématographique et une image/mouvement filmée que malmènent ou amplifient l’effet du clignotement et les impressions déréalisantes de la machine caméra… Le résultat, très évocateur, est soutenu par une bande son qui mélange les battements de cœur et les vibrations acides de la machine…. Par extrapolation, par un raccourci bien commode pour moi mais qui n’a aucune validité conceptuelle, j’ai songé à la machine de la Colonie pénitentiaire et à l’acuité d’Albert Londres.
Ed Emshwiller fut surtout reconnu comme illustrateur de science-fiction et pionnier de l’image de synthèse, qu’il inaugurât avec Sunstone en 1979. Je préfère le doute inconfortable,inaltérable qu'insinue son Thanatopsis.

21 juillet 2009

PASTILLE n°16: manèges et variations.

Une variation est somme toute gratuite. Le constat aboutit toujours aux mêmes conclusions, que Kouletchov a érigé en dogme.
Il faudrait pourtant tenter de s'abstraire, les considérer l'une sans l'autre. Ma préférence va à la seconde version, que voici.





Pastille16 par VIADDEFF

16 juillet 2009

Pastille n°15: vu, pas vu.




Micromonde du dedans et du dehors, environnement dans lequel l'enfant est à la fois l'invité et le perturbateur de régularité, rotations où s'opposent la gestuelle répétitive des automates et les mouvements parfois désaccordés des vivants, le manège est propice aux manipulations multiples. Le passage superposé de ces créatures et de ces véhicules de bazar impose un effet immédiat de collage dans le plan.
Sa figuration même est une source inépuisable, dont j'ai déjà fait état ICI.
La prochaine pastille usera des mêmes images à des fins différentes...

24 juin 2009

FRUIT, Pastille n°11

Oui, c'est le temps des pastilles, un coup de pied dans le sablier.
On sort les cartouches des réserves de printemps...Cela se décante...
Le film du jour trouve un écho dans d'autres pastilles répandues:
le rouge cœur de la première et l'écarlate de la septième,
la Femme de la seconde,
Une humeur joyeuse et complice évoquée dans les huitième et dixième,
l'éclat solaire et translucide de la neuvième...
Une envie de perception brute, immédiate, comme un antidote à d'autres expressions...

7 juin 2009

Mutisme en image... et pastille n°9...

Le peu disert déserte ou se réfugie derrière le paravent de ses images mobiles.... L'envie de prospecter et de gloser se fait plus pressante. En attendant quelque article consacré ici à des réalisatrices américaines libres et inspirées, le blog JDS opéra virtuel s'intéresse au jardin filmé...
La pastille jointe exploite une nouvelle fois des jeux de luminosité, de reflet et de transparence. Les figurines, monde réduit, figé, nostalgique ou régressif se manifeste encore...



3 mars 2009

PASTILLE N°1


PREMIERE PASTILLE: Palpite et vacille.
Cette esquisse filmée reflète bien mes intentions.
Si les pastilles étaient classées (peut-être le seront-elles), celle-ci figurerait dans la catégorie objet. On trouverait aussi des lieux, des actions, des personnages...
Filmer des objets m'intéresse: que nous disent-ils, comment montrer ce qui n'est, à priori, pas destiné à bouger et n'a, par conséquent, aucune vocation à être filmé? Comment dépasser la pure fonction descriptive et insérer la métaphore, voire la narration qu'insinue, implicitement, tout ce qui impose une durée?