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6 novembre 2011
29 mai 2011
Claude Cahun
Claude Cahun, l'une de mes inspiratrices et muse des années vingt, fait actuellement l'objet d'une exposition importante dans une grande institution culturelle. Femme libre, fidèle à ses amitiés et à ses convictions, elle reste la grande photographe du double et de l'ambiguité sexuelle.
Quelques unes de ses images sont visibles ICI.
20 mars 2011
19 janvier 2011
PASTILLE N°35
Cet essai ainsi que les prochains pourraient constituer le corps ou le début d'un métrage à venir. Les thématiques sont proches, sinon semblables : reflet, lumière, passage, fragmentation....
16 août 2010
UN SONGE: Une Main, partie pour le tout 5/5
L'hymen investit la chambre et Colette ironise sur l'état conjugal. On pourrait s'en tenir là: la nouvelle de l'écrivaine s'ajouterait à la longue liste d'écrits croquant ou démontrant les misères du mariage. Elle m'intéresse déjà en tant qu'interprétation féminine: vue par un personnage et décrite par une femme, cette main catalyse tous les travers masculins. L'organe balise la narration, et l'analogie, autant que métaphore*, s'érige dans ce cas en symbole d'une situation désolante.
On décèlerait de cruelles ressemblances avec une photographie célèbre. L'image de Kertesz** est considérée ordinairement comme une ode à sa compagne (l'image s'intitule Elisabeth) ou comme un autoportrait de l'artiste. Elle aurait acquis un statut particulier, définirait un modèle de représentation amoureuse moderne où le cadrage et la luminosité, à force d'ingéniosité, de savoir-faire, de construction visible confineraient à la galanterie, feraient oeuvre de parangon matrimonial. On peut aussi y voir bien d'autres choses: on glosera sans peine sur la femme coupée en deux par le cadre (littéralement sa moitié), je n'y ajouterai rien.
L'image composée en 1931 applique d'une façon implicite tous les préceptes maritaux en usage à l'époque (et qui pour la plupart le sont encore). La main retient autant qu'elle protège. Presque crispée et spatulée, elle semble dire tu m'appartiens, ... La quasi invisibilité de l'homme lui confère une stature particulière, l'atteste en figure omnipotente. Le regard de la femme, oeil unique, est ambigu. Il évoque un sourire rentré, presque une résignation silencieuse. Peut-être aussi percevons-nous une angoisse née du cadrage: d'Elisabeth, on ne voit que la moitié, on subodore la symétrie des traits, l'équilibre que cela suppose mais sans en être tout à fait sûr. Le hors champ peut ici rassurer, confirmer, ou nous entraîner malgré nous (malgré le photographe) dans une peur fragmentaire: de cette femme, nous ne saurons jamais qu'une part.
En extrapolant encore, on y percevrait, non sans méchanceté, une vision édifiante de la femme selon André Breton, ou, tout simplement, un élément analogique (la main) venu se rattacher tardivement à une norme sociale.
Dans les deux cas (Colette et Kertesz), j'apprécie que ces thèmes expérimentaux, l'analogique et l'informe, se frottent à une réalité quotidienne, quitte à se déliter, se brimer, s'abimer l'un l'autre...
* Comme le fit Henri-Pierre Roché. Je l'avais évoqué ici.
** A partir du 28 septembre 2010, Kertesz bénéficiera d'une importante rétrospective au Musée du Jeu de paume à Paris.
13 juin 2010
PASTILLE N°28: les hommes en général
Cette nouvelle pastille reflète certains partis pris de l'acte 3 du Jardin des supplices... Le propos aussi n'y est pas étranger. J'éprouvais une nouvelle fois l'envie de mêler un ton sombre, déclamatoire, et une insidieuse ironie...
8 novembre 2009
PASTILLE n°21, épilogue muséal
Un visage, de la 3D sommaire. Les yeux ne cillent pas. Le trouble proviendrait davantage de ce parcours irrégulier et flottant, entre flous et ombres. Les silhouettes sculptées se mêlent aux visiteurs, l'ambiance, quasiment nocturne, suggère un monde clos, un labyrinthe qui renvoie le spectateur à une perception globale dans laquelle la part accordée à l'objet d'art semble restreinte...
10 août 2009
20 mai 2009
Pastille n°7
Inventaire prospectif:
Une "musique" anxiogène et répétitive,
scandée,
des images décontextualisées,
noyées dans le rouge artifice
altérant,
support d'autres écrans,
mises en abyme,
lieu des couleurs contrastées,
symboles ou signalétiques,
quelques pelures,
animées et diaphanes...
scandée,
des images décontextualisées,
noyées dans le rouge artifice
altérant,
support d'autres écrans,
mises en abyme,
lieu des couleurs contrastées,
symboles ou signalétiques,
quelques pelures,
animées et diaphanes...
21 janvier 2009
Retour au visage*
Si le gros plan visage, signale Deleuze** en évoquant Bergman, est en même temps la face et son effacement, le philosophe classe les visages cinématographiques en deux catégories qu’il nomme :
La visagéification , que l’on pourrait résumer à l’aura du visage qui pense et la visagéité, visage sériel, visage multiple, déclinaison d’expressions.
Cette classification constitue un repère utile pour insérer le visage dans une narration, pour lui faire accomplir certaines fonctions liées à la dramaturgie, à moins que le récit ne dépende ou ne s'infléchisse avec, ou par le visage...
Cette remarque est valable aussi bien pour Le Jardin des Supplices, (Clara créature fantasmée et Clara réactive) que pour Un Songe, récit féminin à la première personne....
*Corformément à ma pratique de retours et d'inserts, méthode qui sied au blog comme à mes manies digressives, ceci constitue une énième approche du visage au cinéma après celle-ci.
** L'image mouvement,op.cit, p.42
La visagéification , que l’on pourrait résumer à l’aura du visage qui pense et la visagéité, visage sériel, visage multiple, déclinaison d’expressions.
Cette classification constitue un repère utile pour insérer le visage dans une narration, pour lui faire accomplir certaines fonctions liées à la dramaturgie, à moins que le récit ne dépende ou ne s'infléchisse avec, ou par le visage...
Cette remarque est valable aussi bien pour Le Jardin des Supplices, (Clara créature fantasmée et Clara réactive) que pour Un Songe, récit féminin à la première personne....
*Corformément à ma pratique de retours et d'inserts, méthode qui sied au blog comme à mes manies digressives, ceci constitue une énième approche du visage au cinéma après celle-ci.
** L'image mouvement,op.cit, p.42
9 janvier 2009
Digression imprévue
Le gros plan, c'est le visage,...mais précisément le visage en tant qu'il a défait sa triple fonction, affirme Deleuze, arguant qu'il n'y a pas de gros plan de visage... (...) Nudité du visage plus grande que celle des corps, inhumanité plus grande que celle des bêtes...*
Je reviens sur ce sujet qui a fait l'objet d'un message lacunaire et grossier, question qui accompagne d'autres réflexions ayant trait à la fragmentation, composante essentielle du Jardin des Supplices...
Le philosophe énonce les trois fonctions du visage: la caractérisation , la communication entre deux personnes, le lien à l'intérieur de chaque être entre caractère et expression..
Force de l'image mouvante, du cinéma, de nous donner une partie pour le tout, sans que l'un soit redondant de l'autre, en insinuant aussi un au-delà de l'humain, un parcours mental aux forces antagonistes...
Il faudrait savoir en tirer les leçons, très modestement, en quantité infime, par ajouts successifs et laborieux, afin d'en extraire les effets... Une maturation de ces intuitions géniales est nécessaire. L'élan qu'elles confèrent prend souvent le pas, pour le petit soldat soucieux de création, sur l'idée même... Je me contente quelquefois de les fixer, les arrêter dans ce que le quotidien charrie, avec l'illusion d'une compréhension, d'une adéquation fugitives...
Ces quelques mots ouvrent un monde dont on devrait pouvoir se sustenter, ne serait le souci de produire, la peur panique de se trouver avec soi, ses carences, ses propres futilités...
*Gilles Deleuze, L'image mouvement, Minuit, p.41 à 42
Je reviens sur ce sujet qui a fait l'objet d'un message lacunaire et grossier, question qui accompagne d'autres réflexions ayant trait à la fragmentation, composante essentielle du Jardin des Supplices...
Le philosophe énonce les trois fonctions du visage: la caractérisation , la communication entre deux personnes, le lien à l'intérieur de chaque être entre caractère et expression..
Force de l'image mouvante, du cinéma, de nous donner une partie pour le tout, sans que l'un soit redondant de l'autre, en insinuant aussi un au-delà de l'humain, un parcours mental aux forces antagonistes...
Il faudrait savoir en tirer les leçons, très modestement, en quantité infime, par ajouts successifs et laborieux, afin d'en extraire les effets... Une maturation de ces intuitions géniales est nécessaire. L'élan qu'elles confèrent prend souvent le pas, pour le petit soldat soucieux de création, sur l'idée même... Je me contente quelquefois de les fixer, les arrêter dans ce que le quotidien charrie, avec l'illusion d'une compréhension, d'une adéquation fugitives...
Ces quelques mots ouvrent un monde dont on devrait pouvoir se sustenter, ne serait le souci de produire, la peur panique de se trouver avec soi, ses carences, ses propres futilités...
9 décembre 2008
Le cou serpentin...
des forçats, dans le Jardin des Supplices, serait le prolongement de chair, l'incarnation dévoyée de l'ondulation fin de siècle..... D'autres explications en présence d'autres bagnards sont dispensées sur le site idoine....
18 octobre 2008
FACE
Des visages au cinéma, obsessionnels, récurrents durant toute la durée d'un long métrage, il y en a quelques-uns… Métaphore de l’enfance et de l’image fomentée par l’enfance chez Svankmajer, ces visages-paysages parviennent parfois au mythe, par delà tous les rites et anecdotes d’expression…
Souris ne souris pas, ouvre, baisse les yeux, semble crier le réalisateur dans les films où ce mythe est souhaité, revendiqué mais ne s’accomplit jamais…
Au contraire, j’éprouve cette aura des têtes dans quelques beaux morceaux de cinéma. Ce choix n’implique que moi, et ne concerne pas les « face caméra », les troubles suscités par les traits de Véra Clouzot (les Diaboliques), Meiko Kaiji (la Femme Scorpion), Marika Green (Pickpocket)……… Les cinéphiles, dont je ne suis pas, me reprocheront d’oublier Madame de … ou Monika…
Evoquons les films où le visage domine, imprègne, afflige, implique, nourrit, même par ses carences et ses effacements. Dreyer transcende la mort de Jeanne, ce n’est pas tant le bûcher et sa réalité physique, pourtant décrite, mais le visage de Jeanne, omniprésent, qui disparaît derrière une fumée, presque un écran blanc ; sa mort n’en est que plus prenante.
Faces (Cassavetes) dévoile son programme, les visages comblent les vides, nourrissent les insatisfactions, Persona de Bergman, où les visages se confondent, se dédoublent, et ce film muet, en noir et blanc, de Garrel*, les Hautes Solitudes (1974)... Les traits de Jean Seberg, une émotion qui bouge, imperceptiblement fêlée, sans pour autant être un masque…
*Philipe Garrel fait actuellement l’objet d’une rétrospective dans un cinéma parisien, Les Trois Luxembourg.
Souris ne souris pas, ouvre, baisse les yeux, semble crier le réalisateur dans les films où ce mythe est souhaité, revendiqué mais ne s’accomplit jamais…
Au contraire, j’éprouve cette aura des têtes dans quelques beaux morceaux de cinéma. Ce choix n’implique que moi, et ne concerne pas les « face caméra », les troubles suscités par les traits de Véra Clouzot (les Diaboliques), Meiko Kaiji (la Femme Scorpion), Marika Green (Pickpocket)……… Les cinéphiles, dont je ne suis pas, me reprocheront d’oublier Madame de … ou Monika…
Evoquons les films où le visage domine, imprègne, afflige, implique, nourrit, même par ses carences et ses effacements. Dreyer transcende la mort de Jeanne, ce n’est pas tant le bûcher et sa réalité physique, pourtant décrite, mais le visage de Jeanne, omniprésent, qui disparaît derrière une fumée, presque un écran blanc ; sa mort n’en est que plus prenante.
Faces (Cassavetes) dévoile son programme, les visages comblent les vides, nourrissent les insatisfactions, Persona de Bergman, où les visages se confondent, se dédoublent, et ce film muet, en noir et blanc, de Garrel*, les Hautes Solitudes (1974)... Les traits de Jean Seberg, une émotion qui bouge, imperceptiblement fêlée, sans pour autant être un masque…
*Philipe Garrel fait actuellement l’objet d’une rétrospective dans un cinéma parisien, Les Trois Luxembourg.
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