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21 janvier 2013

Cygne porteur

Parfois, il nous arrive de réveiller nos émotions esthétiques de l'enfance et de l'adolescence, celles qui nous orientent, celles qui nous confèrent une identité, celles par lesquelles on existe aux yeux des autres, celles qui nous construisent dans l'altérité et nourrissent notre imaginaire.
Mauvais sang, le film de Leos Carax, fut de cette trempe-là. Remake détourné d'un film de Walsh, symbiose aboutie de cinéma muet et de nouvelle vague, jugé bêtement pour son chromatisme affiché, sa cinéphilie explicite et ses citations pléthoriques, ce long métrage a plus de vingt-cinq ans, patine du temps et des souvenirs mêlés... j'en consulte quelquefois des extraits, sans oser franchir le pas. Afin ne pas mettre à mal l'enchantement, cette mise en bouche ne se poursuit jamais ...
Et les premières images de Mauvais sang (là aussi, à la manière du premier Godard, le générique est une signature) montrent un cygne, apparition brève et fantomatique, comme un retour subliminal de mes obsessions.

18 septembre 2010

15 février 2010

Papillonnages

Absorbé actuellement par la technologie numérique, ses possibilités insondables et ses abysses potentiels, il ne m’est plus guère possible d’enrichir d’autres projets que celui du Jardin des supplices. Pour la première fois, ce n’est pas la table de montage, désormais tellurique et monstrueuse qui a la primeur, mais un découpage graphique dont le montage ne sera qu’une variante projective.

Revenons de ce fait aux papillons, aux gravures entomologiques et autres digressions vidéo.
Le rêve du papillon repose sur une vieille tradition chinoise, celle du philosophe Zuangzi*. L’homme sage rêve qu’il est papillon qui lui-même rêve qu’il est Zuangzi. Cette mise en abyme illustre la force du rêve qui abolit les frontières intimes de la personnalité. Le court métrage d'Alain Mazars** s’inspire de cette histoire et l’ancre dans une Asie élégiaque et mythique. L’autre célébrité exemplaire est l’homme-aux-loups qui, entre autres troubles, conçut une terreur presque insurmontable à l’égard de notre lépidoptère et bénéficia d’une analyse par Freud soi-même. Dans Cinq psychanalyses, ce dernier relève qu’en russe Babouchka désigne à la fois le papillon et la vieille petite mère. J'ignore si Thomas Mann s’est inspiré du susnommé Sergueï Pankejeff pour imaginer la psyché*** d’Adrian Leverkühn…

* Cette réversibilité n'a pas manqué d'intéresser Lacan: ce site reprend les textes lacaniens inspirés par la Chine.
** Ce film mériterait à lui seul d'autres développements: la seconde partie l'ouvre à d'autres références fortes et universelles.
*** Le papillon, rappelons-le, symbolise l'âme débarrassée de son enveloppe charnelle, et ce dans différentes civilisations: Grecs, Aztèques, etc.

10 février 2010

BESTIAIRE

Entre les papillons et les cygnes*, les méduses et prochainement les corneilles, loups et autres corbeaux, mes travaux relèvent souvent du bestiaire et de la ménagerie. Les animaux comme les figurines recèlent une dimension symbolique et permettent l'incarnation et la personnification. Je les considère comme des projections conceptuelles et non comme un inventaire analogique ou physiognomonique.
Dans des saynettes empreintes de platonisme acidulé et libertin, le singe n'incarna-t-il pas, en une fourbe métaphore, l'imitateur le plus servile, c'est-à-dire le peintre**?
J'en reviens aux papillons, ponctuellement, au gré de mes découvertes. Le cinéma premier fut sensible au lépidoptère, à ses acceptions féminines empreintes de misogynie et de fascination Fin de siècle. Ce syncrétisme entre le nouveau médium et ces obsessions décadentes s'avère, chez Méliès, assez savoureux...

* Voir les vidéos ESMERALDA et METACYGNE ou dans l'onglet CONTENU DU BLOG.
** Et que dire aujourd'hui d'un certain volontarisme épris de réalisme dont l'image numérique est trop souvent le piètre vecteur?

15 décembre 2008

ESMERALDA/4/


Suite et fin d'Esmeralda.
Les autres extraits et la fiche technique sont ICI.

5 décembre 2008

Esmeralda/3/

Un troisième extrait d'Esmeralda, après ceux visibles ICI
(ainsi que la fiche technique).


27 novembre 2008

Depuis l'âge de sept ans, toutes mes sensations...

en rapport avec un rectangle de lumière de soleil encadré par la fenêtre ont été commandées par une passion unique...
C'est Nabokov*, encore, qui l'écrit, et c'est aux lépidoptères qu'il fait allusion... Une occasion comme une autre, après un extrait inédit, de se remémorer Esmeralda, ce papillon qui gouverne ou symbolise une vie...

* Voir la référence dans le message précédent: le chapitre sept est entièrement dévolu à sa vocation naissante d'entomologiste.


ESMERALDA (2007-2008)
Format : DVD Pal (3/4)
Durée : 5mn29s
Musique : Détlef Kieffer
Cithare : Détlef Kieffer
Enregistrement et mixage : Max Grundrich
Avec l’aimable autorisation des éditions Pierres Sonores
Réalisation : Erik Viaddeff

19 novembre 2008

METACYGNE, SUITE ET FIN.


Pour la fiche technique et les trois premiers extraits,
se reporter à Métacygne dans la colonne Contenu.

13 novembre 2008

METACYGNE 3



Pour la fiche technique, se reporter aux extraits 1 et 2

7 novembre 2008

UN SONGE: ces oiseaux-là,...

…je ne compris pas d’emblée d’où ils venaient, ce qui les avait amenés, sinon un collusion d’idées et une nostalgie, une de celles qui fit naître en moi l’envie d’une image mouvante, une image vue d’abord, captée et inventée ensuite.
Judex (1963) nous rappelle le cinématographe façon Feuillade, dont Franju, sans redite ni décalque, enrichit encore le potentiel narratif. Il a recours à la magie blanche qui fût dès l’origine, depuis Méliès, le but émerveillé du cinéaste.
Cette scène de bal aurait le hiératisme de certaines mondanités de l’Année dernière à Marienbad, mais sans aucune ostentation, sans vacuité délibérée.
Franju songe à l’enfant, à ses terreurs comme à son irréalité saine, et prône un mystère profond, sauvage, naïf et pourtant raffiné…
Cette incarnation animale relève de l’hybridation, du collage de Ernst, lui-même adepte des obsessions ornithologiques…
En résonance, les esquisses d’un songe où Kvaif débusque les volatiles à tête d’homme…

5 novembre 2008

METACYGNE (SUITE)


Voici un second extrait de Métacygne,
après celui du 19 septembre.

La fiche technique reste inchangée:
Format dvd (4/3)
Durée totale: 4mn23
Musique de Détlef KIEFFER © Pierres Sonores
Flûte alto : Cédric DELESSE
Piano toy et bols rins : Détlef KIEFFER
Enregistrement et mixage : Max GRUNDRICH
Montage, réalisation : Erik VIADDEFF

10 octobre 2008

"Papillon à la nudité diaphane"

Terminée en 2007, cette vidéo en split screen (écran divisé) constitue une première expérience de retable filmé, une incursion que j’envisage de reconduire bientôt.. Ce procédé n’est pas nouveau, le cinéma, et plus récemment les vidéastes l’ont souvent utilisé à des fins narratives ou plastiques.
À la fois récit et forme déterminée, le polyptyque pictural me fascine. La juxtaposition fait naître le sens, ou écarte un première appréhension, ou implique un trouble unique issu de ce « trop », de cette prolifération signifiante. Certaines expériences littéraires de récits alternés , tel le W de Pérec, ou transformables (Queneau) m’ont également marqué. Rapprocher le papillon du diptyque n’est pas anodin : ils sont tous deux figures de l’articulation et du pli.
Hetoera Esmeralda…. Dans Docteur Faustus, qu’il rédige durant l’hégémonie nazie, Thomas Mann désigne ainsi une espèce particulière de lépidoptère dont l’existence scientifique, hors de ce contexte romanesque, demeure incertaine. Il s’agirait d’une sous- espèce hétérocère, nocturne. Dans son enfance, ce papillon a fasciné le personnage principal, Adrian Leverkühn, musicien génial. Les thèmes décadents imprègnent l’ouvrage : L’Esmeralda est ambivalente, tantôt féminité négative ou sacrifiée, tantôt incarnation de la syphilis que le musicien contracte volontairement. L’Esmeralda figure aussi le pacte que le compositeur conclut avec le diable et désigne le leitmotiv musical utilisé par Leverkühn en une série de notes, profitant de l’appellation musicale germanique sous forme de lettres .
Esmeralda incarne d’une certaine manière, un rêve d’enfant inaccessible, sorte de « rosebud »…

9 octobre 2008

ESMERALDA


Une minute et treize secondes du film Esmeralda.
A demain, pour une présentation du film.


ESMERALDA (2007-2008)
Format : DVD Pal (3/4)
Durée : 5mn29s
Musique : Détlef Kieffer
Cithare : Détlef Kieffer
Enregistrement et mixage : Max Grundrich
Avec l’aimable autorisation des éditions Pierres Sonores
Réalisation : Erik Viaddeff

20 septembre 2008

"Du sens mystérieux des aspects de l'existence..."

Métacygne est issu d’une vision, celle du cygne hivernal, ainsi que d’une émotion née d’une relecture, Le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui, sonnet de Mallarmé.
Le méta du titre fait référence à une métamorphose, mais inachevée, voire empêchée.
Dans son ouvrage consacré au poète, Jean-Pierre Richard évoque cette métamorphose manquée, une paralysie spirituelle, « un être y échappe bien au destin quotidien par l’acte qui le fait se replier sur soi, et se redécouvrir comme pensée.. » Usant d’une nappe presque mécanique (piano toy) que domine la flûte, allusion à la musique française du XIXe siècle finissant, la musique de Détlef Kieffer amplifie cette impression: un jaillissement, une vibration à laquelle se superpose un mouvement contraire que J.P Richard qualifierait de « contre-dynamisme de la rétention ».
Récemment, j’ai découvert Friedo Lampe, écrivain rare, berlinois, anti-nazi.
En 1945, dans les décombres de sa ville, Lampe rencontre une patrouille russe qui le fusille.
Son emblème était le cygne. Dans un poème ultime, prémonitoire, il relate la mort du grand oiseau tué par un chasseur.
Je n’en ai pas fini avec le cygne… Et avec Mallarmé, ...du sens mystérieux des aspects de l’existence… Et il faut lire Friedo Lampe !

Friedo LAMPE, Au bord de la nuit et Orage de septembre, l’Âge d’Homme
Jean-Pierre RICHARD, l’Univers imaginaire de Mallarmé, Seuil, 1962

19 septembre 2008

METACYGNE


Format dvd (4/3)
Durée totale: 4mn23

Musique de Détlef KIEFFER © Pierres Sonores

Flûte alto : Cédric DELESSE

Piano toy et bols rins : Détlef KIEFFER

Enregistrement et mixage : Max GRUNDRICH

Montage, réalisation : Erik VIADDEFF

17 septembre 2008

Abandonner ou finir














































Je présente aujourd’hui des images d’un film désormais terminé, non que je le considère comme tel, mais la collaboration avec le compositeur Détlef KIEFFER, m’incite, par égard pour lui et pour son engagement, à valider ce projet ainsi, dans son jus...
On rapporte cet épisode apocryphe de la vie de Raymond Radiguet. Impossible de me rappeler la source de cette anecdote qui sans doute s’enjolive ou s’altère à force d’être répétée..
À un peintre dont il visitait l’atelier et qui lui communiquait ses doutes à l’égard d’une œuvre, Radiguet aurait répondu : il serait humain de l’achever..
Je me sens comme le peintre, et y pense à chaque fois, à cette saillie d'homme de lettres. Achever, ce n’est pas qu’un mot, une polysémie astucieuse, c’est se débarrasser, faire mourir pour passer à d’autres tâches…
Cette vidéo, dont vous découvrez ici trois images fixes a été façonnée en 2005/2006.
Elle s’intitule METACYGNE.

Ce blog me permettra d’évoquer ce qui se termine ou se poursuit.

A CETTE ADRESSE, PROCHAINEMENT :
des extraits, des précisions, d’autres titres qu’il m’a paru nécessaire d’abandonner à leur sort…