Dans ses Ecrits sur le cinéma, Jean Epstein note que "l'une des plus grandes puissances du cinéma est son animisme. A l'écran, il n'y a pas de nature morte. Les objets ont des attitudes. Les arbres gesticulent. Les montagnes, ainsi que cet Etna, signifient. Chaque objet devient un personnage."
Les ombres sont envoûtantes et porteuses de sens, riches aussi en potentialités narratives. Je m'y intéresse depuis plusieurs mois en vue du projet "Un songe". Récemment, j'ai découvert Schatten, réalisé en 1960 par Hansjürgen Pohland. La musique jazzy inscrit le film dans son époque mais le parti pris rappelle la description de grandes métropoles, l'inventivité et l'enthousiasme formels des années 1920.
Suite des "pattern paintings en mouvement", des motifs et des figures superposées... Pour compenser mon apathie des derniers mois, d'autres publications sont imminentes !
C'est la fin d'un cycle dont cette pastille constitue le point d'orgue. Après quelques essais plus naturalistes, j'amorce un retour vers des images recomposées, picturales, narratives, comme un épilogue ouvert au Jardin des supplices.
Cet essai ainsi que les prochains pourraient constituer le corps ou le début d'un métrage à venir. Les thématiques sont proches, sinon semblables : reflet, lumière, passage, fragmentation....
Voir quelque chose, le discerner ou le deviner au beau milieu des pixels foisonnants, du scintillement des vignettes fixes qui s'entrechoquent au rythme de douze images par seconde...
Cette nouvelle pastille reflète certains partis pris de l'acte 3 du Jardin des supplices... Le propos aussi n'y est pas étranger. J'éprouvais une nouvelle fois l'envie de mêler un ton sombre, déclamatoire, et une insidieuse ironie...
Lorsque j'étais enfant, chez mes grands parents, j'observais cette figure avec minutie. Porteuse à l'identité incertaine, entre statuette et jouet en plastique, elle évoquait une chair marmoréenne, à la fois fragmentée et monumentale, un imaginaire exotique, féminin, vaguement empreint de pittoresque colonial. Sa monochromie même, combinée à sa richesse graphique, continue à m'enchanter.